Le New Deal Technologique du Sénégal structure la gouvernance numérique avec GouvNum
Le Sénégal vient de poser une brique essentielle dans sa transformation digitale. Avec le lancement du New Deal Technologique (NDT 2026), le gouvernement, porté par le Premier ministre Ousmane Sonko...
Le Sénégal vient de poser une brique essentielle dans sa transformation digitale. Avec le lancement du New Deal Technologique (NDT 2026), le gouvernement, porté par le Premier ministre Ousmane Sonko et le ministre Alioune Sall, cherche à corriger un problème bien connu dans l’administration : la multiplication de projets numériques qui ne se parlent pas entre eux. Derrière l’annonce, il y a surtout un changement de méthode.
Au programme
Le GouvNum pour coordonner plutôt que subir
La vraie nouveauté, c’est la mise en place de GouvNum, un dispositif qui réunit les DSI de l’administration autour d’une même table. L’objectif est clair : éviter de continuer à empiler des plateformes redondantes, coûteuses et peu compatibles entre elles.
Désormais, un projet numérique public ne pourra plus voir le jour sans validation technique préalable. Ce quitus, délivré par le Secrétariat permanent du GouvNum, devient un passage obligé avant même d’arriver en loi de finances.
Dit autrement : on ne finance plus un projet simplement parce qu’il est utile sur le papier, mais parce qu’il s’intègre dans une vision d’ensemble.
Ce type de mécanisme peut paraître administratif, mais il change beaucoup de choses. Il introduit une forme de discipline technologique dans un environnement où chacun avançait souvent de son côté.
Sortir des silos, enfin
Lors de l’atelier des 14 et 15 avril 2026, un message a été martelé : la transformation numérique de l’État est une responsabilité collective.
Ce n’est pas anodin. Pendant longtemps, chaque ministère développait ses propres outils, avec ses propres prestataires, ses propres standards. Résultat : des systèmes cloisonnés, difficiles à maintenir et rarement interopérables.
Avec GouvNum, l’ambition est différente : construire un socle commun.
C’est ce qui rapproche le Sénégal d’une logique d’État de plateforme, où les services sont pensés pour fonctionner ensemble, et non en parallèle.
Des objectifs ambitieux, mais lisibles
Le New Deal Technologique repose sur plusieurs priorités, avec des cibles chiffrées qui donnent une idée de l’ampleur du chantier :
- 95 % de connectivité nationale, pour réduire la fracture numérique
- 90 % des démarches administratives en ligne, afin de simplifier la relation avec l’État
- Une identité numérique pour plus de 90 % des citoyens, pierre angulaire des services digitaux
- 100 % des données sensibles hébergées localement, pour renforcer la souveraineté
- 15 % du PIB issu du numérique d’ici 2030, signe d’un virage économique assumé
À cela s’ajoute un effort important sur les compétences, avec des milliers de profils formés chaque année. Car sans talents, l’infrastructure seule ne suffit pas.
Ce que cela change vraiment
Au-delà des chiffres, ce plan marque un basculement discret mais important.
Jusqu’ici, la digitalisation reposait souvent sur une logique d’opportunité : un besoin, un projet, un outil.
Avec le NDT, le Sénégal essaie de passer à une logique plus structurée : une architecture, des règles communes, et une gouvernance qui arbitre. Ce n’est pas forcément spectaculaire à court terme, mais c’est souvent ce qui fait la différence sur la durée.



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