Le modèle “pay-as-you-drive” de BasiGo améliore la mobilité électrique en Afrique de l’Est
Alors que la transition vers une mobilité plus durable reste un défi majeur sur le continent, certaines entreprises africaines commencent à proposer des modèles adaptés aux réalités locales. C’est le...
Alors que la transition vers une mobilité plus durable reste un défi majeur sur le continent, certaines entreprises africaines commencent à proposer des modèles adaptés aux réalités locales. C’est le cas de BasiGo, une startup basée au Kenya, qui s’impose progressivement comme un acteur clé de la mobilité électrique en Afrique de l’Est.
Au programme
- Un modèle économique conçu pour lever le principal frein : le coût initial
- Une infrastructure de recharge pensée comme un levier stratégique
- Un impact environnemental qui devient un levier économique
- BasiGo présente une ambition de passage à l’échelle
- Un modèle potentiellement reproductible sur le continent
- Vers une nouvelle génération de solutions de mobilité
Plutôt que de reproduire des modèles occidentaux, BasiGo a fait le choix stratégique de repenser entièrement l’accès aux bus électriques en s’alignant sur les contraintes économiques du transport public africain.
Un modèle économique conçu pour lever le principal frein : le coût initial
L’un des principaux obstacles à l’adoption des véhicules électriques en Afrique reste le coût d’acquisition. Dans le secteur du transport public kényan, dominé par les matatus (minibus privés), les opérateurs fonctionnent avec des marges limitées et un accès restreint au financement.
BasiGo contourne ce problème avec un modèle de “Pay-As-You-Drive“, qui transforme l’investissement en coût opérationnel. Concrètement, les opérateurs n’achètent pas directement les bus. Ils paient en fonction de leur utilisation, ce qui réduit considérablement la barrière à l’entrée.
Ce modèle rappelle certaines logiques de fintech ou de leasing, mais appliqué à la mobilité. Il permet d’aligner les coûts sur les revenus réels des exploitants, tout en accélérant l’adoption de technologies propres.
Une infrastructure de recharge pensée comme un levier stratégique
Au-delà des véhicules, BasiGo a compris que la réussite de la mobilité électrique repose sur l’infrastructure. L’entreprise a ainsi déployé des dépôts de recharge rapide à Nairobi, adaptés aux contraintes opérationnelles du transport public.
Le choix du Kenya n’est pas anodin. Le pays dispose d’un mix énergétique largement dominé par les énergies renouvelables, notamment la géothermie et l’hydroélectricité. Cela permet d’alimenter les bus électriques avec une énergie relativement propre, renforçant l’impact environnemental du modèle.
Selon les données de l’entreprise, chaque bus permet d’éviter plus de 50 tonnes de CO₂ par an, un chiffre significatif à l’échelle d’une flotte.
Un impact environnemental qui devient un levier économique
L’un des aspects les plus intéressants du modèle BasiGo réside dans sa capacité à transformer la réduction des émissions en opportunité économique. Grâce à une certification Gold Standard, l’entreprise peut générer des crédits carbone à partir de ses opérations.
Ces crédits peuvent ensuite être valorisés sur les marchés internationaux, créant une source de revenus complémentaire. Ce mécanisme permet de renforcer la viabilité économique du modèle, tout en attirant des investisseurs sensibles aux enjeux ESG.
Avec le financement climatique qui devient un levier clé pour les économies africaines, ce type d’approche hybride pourrait se généraliser.
BasiGo présente une ambition de passage à l’échelle
BasiGo ne se limite pas à un projet pilote. L’entreprise affiche l’ambition claire d’atteindre 1 000 bus électriques en circulation d’ici 2027.
Ce passage à l’échelle sera déterminant. Il permettra de tester la robustesse du modèle dans des conditions réelles, mais aussi de mesurer son impact sur l’ensemble du système de transport urbain.
À terme, l’objectif est de créer un effet d’entraînement, où l’adoption des bus électriques devient progressivement la norme plutôt que l’exception.
Un modèle potentiellement reproductible sur le continent
Ce qui rend le cas BasiGo particulièrement intéressant, c’est sa dimension reproductible. De nombreuses villes africaines font face aux mêmes défis :
- transport public informel
- contraintes de financement
- dépendance aux énergies fossiles
En combinant financement flexible, infrastructure adaptée et valorisation carbone, BasiGo propose une approche intégrée qui pourrait être déployée dans d’autres marchés.
Vers une nouvelle génération de solutions de mobilité
Au-delà de la technologie, BasiGo démontre une évolution plus large, celle d’une innovation africaine qui ne cherche plus à copier, mais à adapter et optimiser.
La transition énergétique dans les transports ne se fera pas uniquement par l’importation de solutions existantes, mais par la création de modèles alignés sur les réalités locales.
Dans cette perspective, BasiGo apparaît comme le signal fort d’une mobilité africaine capable de concilier durabilité, viabilité économique et impact social.



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