Face à la volatilité du pétrole, l’Afrique accélère l’adoption des véhicules électriques
La hausse des prix du carburant et l’instabilité des marchés pétroliers mondiaux donnent un nouvel élan à la mobilité électrique en Afrique. En 2025, plusieurs pays africains ont fortement augmenté...
La hausse des prix du carburant et l’instabilité des marchés pétroliers mondiaux donnent un nouvel élan à la mobilité électrique en Afrique. En 2025, plusieurs pays africains ont fortement augmenté leurs importations de véhicules électriques (EV), dans un contexte marqué par les tensions géopolitiques et la volonté croissante de réduire la dépendance au pétrole importé.
Au programme
Selon de nouvelles données du ministère chinois du Commerce, les marchés africains ont importé plus de 44 000 véhicules électriques en 2025, contre environ 19 000 unités en 2024. Une progression qui reflète un changement stratégique dans la manière dont les gouvernements africains abordent désormais la question énergétique.
L’électrique devient un enjeu de souveraineté énergétique
Jusqu’ici principalement associé aux objectifs climatiques, le véhicule électrique commence à être perçu en Afrique comme un outil de résilience économique et énergétique.
La volatilité récente des marchés pétroliers, notamment liée aux tensions autour de l’Iran, a rappelé la vulnérabilité des économies africaines fortement dépendantes des importations de carburant. Dans plusieurs pays, les dépenses liées au pétrole pèsent lourdement sur les réserves en devises et sur les coûts du transport urbain.
Face à cette pression, des pays comme l’Éthiopie, le Kenya, l’Égypte, le Maroc ou encore l’Afrique du Sud multiplient les politiques de soutien à la mobilité électrique.
L’Éthiopie est devenue l’un des exemples les plus marquants du continent. Après avoir introduit des restrictions sur les importations de véhicules thermiques en 2024, le pays comptabilise désormais près d’un tiers des véhicules électriques importés depuis la Chine vers l’Afrique.
Des coûts d’exploitation beaucoup plus faibles
Au-delà des politiques publiques, l’économie opérationnelle des véhicules électriques joue un rôle central dans cette adoption accélérée.
Selon l’Africa E-Mobility Alliance, l’écart de coût reste particulièrement important entre les véhicules électriques et les véhicules alimentés à l’essence ou au diesel, notamment dans le transport commercial.
Au Kenya, par exemple, un bus électrique coûte environ 0,25 dollar par kilomètre à exploiter ; contre 0,48 dollar pour un véhicule thermique équivalent.
Les économies sont encore plus importantes pour les motos-taxis et les tricycles, très présents dans les systèmes de mobilité africains.
Bob Wesonga, responsable des politiques et investissements à l’Africa E-Mobility Alliance, explique que la recharge électrique modifie déjà les habitudes de dépenses des ménages et des opérateurs de flotte.
Selon lui, un propriétaire privé de véhicule électrique dépense désormais environ 4 dollars par mois en recharge, contre près de 27 dollars auparavant en carburant.
La Chine renforce sa présence sur le marché africain
Cette dynamique profite largement aux constructeurs chinois, devenus les principaux fournisseurs du marché africain grâce à des modèles plus abordables et à une stratégie agressive de partenariats industriels.
Plusieurs gouvernements africains soutiennent également des projets d’assemblage local afin de développer une capacité industrielle nationale tout en réduisant les coûts d’importation.
La mobilité électrique ne se limite donc plus à une transition écologique. Elle devient progressivement un sujet lié à la gestion des devises, à la réduction des coûts du transport et à la planification urbaine.
À mesure que les infrastructures de recharge se développent et que les prix des batteries baissent, les véhicules électriques pourraient s’imposer comme une composante stratégique des politiques énergétiques africaines au cours de la prochaine décennie.



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