Le Ghana exporte son savoir-faire numérique au Malawi avec un nouveau modèle de coopération tech africaine
Le Ghana ne veut plus seulement développer son propre écosystème numérique. Le pays souhaite désormais exporter son expertise technologique sur le continent. Le ministère ghanéen des Communications,...
Le Ghana ne veut plus seulement développer son propre écosystème numérique. Le pays souhaite désormais exporter son expertise technologique sur le continent.
Au programme
Le ministère ghanéen des Communications, des Technologies numériques et de l’Innovation prévoit ainsi d’envoyer une délégation composée de 15 à 20 entreprises technologiques au Malawi. Objectif : accompagner le pays dans le déploiement de solutions numériques dans des secteurs stratégiques tels que l’identité numérique, la fintech, l’e-gouvernement ou encore l’intelligence artificielle.
Cette initiative est née d’une rencontre entre les autorités des deux pays lors du Mobile World Congress 2026 à Barcelone, illustrant au passage le rôle que peuvent jouer les grands événements technologiques internationaux dans la création de partenariats, entre pays africains.
Le Malawi veut s’inspirer du modèle numérique ghanéen
Le partenariat envisagé dépasse la simple mission commerciale. Le gouvernement malawite souhaite s’appuyer sur l’expérience ghanéenne pour accélérer plusieurs chantiers de transformation numérique.
Parmi les domaines identifiés figurent la fintech, les systèmes d’identification numérique, les solutions d’e-KYC, les plateformes d’e-gouvernement et la connectivité du dernier kilomètre.
Le Malawi s’intéresse également aux technologies destinées à améliorer l’accès à Internet dans les zones rurales, notamment à travers des solutions énergétiques adaptées.
L’agritech, l’edtech, la healthtech, les environnements de travail numériques et les applications intégrant l’intelligence artificielle font également partie des secteurs ciblés.
Selon le ministre ghanéen des Communications, Samuel Nartey George, cette initiative vise à permettre au Malawi de bénéficier de l’expérience acquise par le Ghana dans le développement de son écosystème numérique.
Une entreprise ghanéenne, Bahamus, est d’ailleurs déjà présente au Malawi, où elle travaille sur des systèmes de monitoring de diffusion audiovisuelle. Une délégation malawite est également attendue au Ghana pour une visite de travail consacrée à l’étude des infrastructures et des systèmes numériques du pays.
Après la Zambie, un modèle de délégation commerciale qui fait ses preuves
Cette mission au Malawi s’inscrit dans une stratégie déjà expérimentée par Accra.
Lors d’une récente visite d’État en Zambie aux côtés du président John Dramani Mahama, Samuel Nartey George avait emmené une délégation de 12 entreprises ghanéennes spécialisées dans la technologie et la fintech.
Selon les autorités ghanéennes, ces entreprises auraient signé, en seulement trois jours, des contrats d’une valeur totale de 60 millions de dollars.
Le chiffre donne une idée du potentiel économique de ce type de diplomatie technologique. Plutôt que de limiter les relations bilatérales aux échanges commerciaux traditionnels, les gouvernements peuvent devenir des facilitateurs directs pour l’expansion régionale des entreprises technologiques locales.
Allons-nous vers une diplomatie technologique africaine ?
L’initiative Ghana-Malawi pose une question plus large : l’Afrique est-elle en train de construire ses propres corridors technologiques ?
Pendant longtemps, les solutions numériques déployées sur le continent ont largement reposé sur des fournisseurs européens, américains ou asiatiques. Mais les écosystèmes technologiques africains commencent désormais à accumuler une expertise locale dans des domaines comme le mobile money, l’identité numérique, les services publics digitalisés ou encore les technologies agricoles.
Le Ghana pourrait ainsi servir de fournisseur de solutions numériques africaines à d’autres marchés du continent.
Au-delà du partenariat entre Accra et Lilongwe, cette initiative pourrait donc illustrer une évolution plus profonde : celle d’une Afrique technologique où les pays ne se contentent plus d’importer l’innovation, mais commencent aussi à échanger, commercialiser et déployer leurs propres solutions à l’échelle du continent.



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