Femmes dans les STEM : l’Afrique doit maintenant financer ses talents technologiques
Les femmes sont de plus en plus nombreuses à s’engager dans les sciences, les technologies, l’ingénierie et les mathématiques en Afrique. Pourtant, leur progression dans les STEM ne s’accompagne pas...
Les femmes sont de plus en plus nombreuses à s’engager dans les sciences, les technologies, l’ingénierie et les mathématiques en Afrique. Pourtant, leur progression dans les STEM ne s’accompagne pas encore d’un accès équivalent au financement. Le deuxième sommet Women in STEM remet en lumière un enjeu devenu stratégique, celui de l’accompagnement des talents féminins du continent, pour qu’elles puissent pleinement devenir des innovatrices qui créent de la valeur durable.
Le défi va bien au-delà de l’accès aux études
L’Afrique dispose d’un vivier croissant de jeunes femmes intéressées par les disciplines scientifiques et technologiques. Mais entre la formation, la création d’une innovation et son évolution en entreprise viable, les obstacles restent nombreux.
Les stéréotypes sociaux, les difficultés d’accès à certaines formations et les barrières institutionnelles peuvent d’abord limiter l’entrée des femmes dans les STEM. Une fois leur expertise acquise, un autre défi apparaît : accéder au capital nécessaire pour développer leurs projets.
Eunice Pohlman, fondatrice de WITIA, estime que l’écart de financement reste considérable et nécessite des investissements importants, aussi bien en faveur des jeunes talents que des professionnelles déjà expérimentées.
Pour passer du talent à l’innovation, il faut le chaînon manquant du financement
Le sujet mérite d’être analysé au-delà des seuls programmes destinés aux femmes. L’enjeu réel est de construire une chaîne de financement capable d’accompagner une innovation depuis la recherche jusqu’au marché.
Cela suppose davantage de financements pour la recherche et le développement, mais aussi des mécanismes adaptés aux différentes étapes d’un projet : subventions initiales, financement de prototypes, capital-risque, accompagnement à la commercialisation et accès aux marchés.
La protection de la propriété intellectuelle est également un élément non négligeable. Une chercheuse ou une entrepreneure qui développe une technologie mais ne peut ni protéger son invention ni financer son industrialisation risque de voir son innovation rester au stade du prototype.
Faire des entreprises féminines un pari économique
Le secrétaire de cabinet kényan à l’Éducation, Julius Ogamba, a rappelé que la transformation économique de l’Afrique ne pouvait se faire en laissant les femmes en marge de l’économie de l’innovation.
Cette approche implique aussi un changement de regard chez les investisseurs. Les startups technologiques dirigées par des femmes ne devraient pas être considérées principalement comme des projets relevant de la responsabilité sociale, mais comme des opportunités d’investissement susceptibles de générer de la croissance et des emplois.
Le défi est donc de faire émerger davantage de femmes africaines dans les STEM, puis de s’assurer que leurs compétences puissent déboucher sur des brevets, des startups, des technologies commercialisées et des entreprises capables de changer d’échelle.
Ce qui manque encore au continent, ce sont des mécanismes permettant à ces talents de devenir visibles, financés et compétitifs. Et c’est probablement là que se situe l’un des prochains grands chantiers de l’innovation africaine.



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