En Afrique, où l’agriculture représente plus de 60% des emplois et une part importante du PIB, les aléas climatiques peuvent réduire à néant le travail d’une saison. Oko Finance, startup franco-malienne d’assurtech agricole, s’est donné pour mission de changer cette réalité.
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En combinant données satellites, assurance indicielle et paiements mobiles, elle rend l’assurance accessible aux petits exploitants, souvent exclus des systèmes financiers traditionnels, tout en renforçant la résilience face au changement climatique.
Une assurance qui se déclenche depuis l’espace
Le cœur de l’innovation d’Oko repose sur un modèle d’assurance indicielle basé sur des données satellites. Concrètement, l’entreprise analyse des décennies de données météorologiques historiques et les combine avec des mesures en temps réel pour surveiller des indicateurs comme la pluviométrie ou les inondations.
Lorsque ces indicateurs dépassent des seuils préétablis, les indemnités sont versées automatiquement aux agriculteurs, sans qu’ils aient besoin de déclarer un sinistre ni de subir les lenteurs des expertises physiques. Résultat : des remboursements rapides, transparents et à moindre coût.
Oku est accessible à tous, même sans smartphone
L’un des atouts majeurs d’Oko est son accessibilité via téléphone mobile basique. Grâce aux services de mobile money comme Orange Money au Mali, les agriculteurs peuvent souscrire, payer leurs primes et recevoir leurs indemnisations directement sur leur téléphone, sans compte bancaire.
L’approche d’Oku permet de toucher les zones rurales les plus reculées, où l’accès aux services financiers formels est encore très limité.
Impact concret sur le terrain
Aujourd’hui, Oko compte environ 7 000 clients au Mali. Lors des inondations de 2020, plus de 1 000 agriculteurs ont été indemnisés, avec des montants pouvant atteindre +195 000 FCFA par hectare assuré (environ $350 américains). Les cultures couvertes incluent le maïs, coton, sorgho, sésame et mil, des productions vitales pour la sécurité alimentaire locale.
En sécurisant les revenus agricoles, Oko contribue à réduire la pauvreté rurale et à encourager les agriculteurs à investir dans des intrants de meilleure qualité.
Des partenariats qui renforcent l’écosystème
Oko ne se contente pas de fournir une assurance. En effet, elle collabore avec des institutions de microfinance pour offrir une couverture aux agriculteurs ayant contracté un crédit, afin que leurs dettes soient automatiquement remboursées en cas de sinistre.
Elle travaille aussi avec des opérateurs mobiles pour faciliter la souscription et les paiements, maximisant ainsi son impact sur l’inclusion financière.
Après le Mali et l’Ouganda, Oku vise d’autres pays d’Afrique de l’Ouest
Après avoir levé 1,2 million de dollars en amorçage en 2021, auprès d’investisseurs comme Newfund, ResiliAnce, Mercy Corps Ventures et Techstars, Oko a consolidé sa présence au Mali et en Ouganda, et prépare son expansion vers d’autres pays d’Afrique de l’Ouest, dont la Côte d’Ivoire. Cette levée de fonds vise à renforcer la technologie satellitaire, élargir la gamme de cultures couvertes et étendre le réseau de distribution.
Un modèle inspirant pour l’Afrique
Pour les entrepreneurs, Oko démontre qu’il est possible de marier innovation technologique et impact social dans un secteur traditionnel.
Pour les investisseurs, le potentiel est immense : le marché africain de l’assurance agricole reste largement inexploité, alors que le climat rend ces solutions vitales.
Pour les décideurs publics, soutenir des approches comme celle d’Oko, c’est investir dans la sécurité alimentaire et la stabilité économique.
Oko Finance n’est pas simplement une startup d’assurtech. C’est un outil de résilience climatique, une passerelle vers l’inclusion financière rurale et un modèle reproductible dans des dizaines de pays africains.
Dans un contexte où l’Afrique doit nourrir 2,5 milliards d’habitants d’ici 2050, les solutions comme Oko ne sont pas un luxe , mais une nécessité.